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Facebook Ânûû-rû Âboro

Press 2008

Au nom des peuples


Le rideau est tombé sur le festival des peuples ânûû-rû âboro. Être une île, un film sur les lépreux de Sorokdo, et Bil’in mon amour, l’histoire d’un village palestinien amputé par la spéculation immobilière israélienne, ont été plébiscités.

Au nom des peuplesPour Jean-Louis Comolli, le président du festival ânûû-rû âboro, « nous sommes entrés dans un nouvel âge du cinéma ». Ni plus, ni moins. Un âge « où les peuples, partout dans le monde, ont la possibilité de réaliser des films » et « où le cinéma permet de se confronter à l’autre tel qu’il se voit et non comme je le vois ». Une chose est sûre, le film documentaire a trouvé sa place en province Nord. Il est même en train, selon Sylvie Hmeun, la vice-présidente de l’association ânûû-rû âboro, de « prendre racine, de s’ancrer ». De fait, le public n’a pas boudé son plaisir. Aussi bien à la médiathèque du Nord, « avec un taux de remplissage nettement supérieur à celui de l’an passé », selon Jean-François Corral, la cheville ouvrière de l’organisation, que dans les tribus. « On a notamment eu cinq cents personnes venues d’un peu partout à Wagap, le 5 novembre, pour « Wanakat Kanak », un film de Thérèse Waia encore jamais diffusé. Des gens venus seuls l’an dernier, sont revenus à plusieurs. » Beaucoup de monde donc, mais aussi beaucoup de moments forts, d’émotion et de communion entre les spectateurs et les réalisateurs présents. « Nous avons la chance d’avoir des invités à l’image de leurs films, devait résumer Jean-François Corral. Simples, fraternels et chaleureux. »

JPEG« Passer par le film documentaire permet aux peuples de se montrer tels qu’ils veulent être vus »

Mais rien de tout cela ne serait suffisant sans des œuvres uniques, « des films qui donnent la parole aux gens et qu’on ne voit nulle part ailleurs parce qu’ils ne sont pas formatés pour les moyens de diffusion habituels ». La sélection de cette année était d’ailleurs tellement riche que le jury a eu du mal à faire un choix. Il a finalement opté pour ceux qui faisaient l’apologie « de la paix, de la justice et de la dignité » et décerné, à l’unanimité, le grand prix du festival à Eun Hee Ihm, l’auteur de Être une île, un documentaire qui relate la vie des malades de la lèpre sur l’île coréenne de Sorokdo. Au moment de conclure, Déwé Gorodey, la vice-présidente du gouvernement, parlera de « semaine de partage et d’échanges » et d’un « festival sur les laissés pour compte du monde entier qui ont perdu leur clan, leur famille, leur terre, leur âme, mais qui résistent » avant de laisser le mot de la fin à Paul Néaoutyine, le président de la province Nord. « Quand on nous montre, on ne se reconnaît pas forcément, ni dans les images, ni dans ce qui est dit. Passer par le film documentaire permet aux peuples de se montrer tels qu’ils veulent être vus. »

JPEGBil’in mon amour ovationné

Un film restera dans les mémoires de ceux et celles qui l’ont vu. Il a d’ailleurs reçu deux prix, hier. Parce qu’il raconte la lutte désespérée des habitants d’un village palestinien contre la construction supposée d’un mur de sécurité qui n’est en fait qu’une barrière de séparation destinée à protéger la spéculation immobilière israélienne. Parce qu’il a été réalisé par un réalisateur israélien, Bil’in mon amour a touché les cœurs. Et ébranlé les consciences. L’image de ces oliviers plusieurs fois centenaires arrachés pour laisser la place à la bêtise humaine n’a laissé personne indifférent. L’ovation reçue tout au long de la semaine par Shai, l’Israélien, et Mohamed, le Palestinien, est là pour en témoigner.

Le palmarès

Prix du festival : Ser isla (Être une île) de Eun Hee Ihm
Prix spécial du jury : Bil’in Habiti (Bil’in mon amour) de Shai Carmeli Pollak.
Prix cèikî : Source de vie de Rosina Kedo et Coquillage sur le sable de Caroline Tikouré.
Prix RFO de la meilleure réalisation technique : Hiro, de Nils Vernaudon.
Prix du jeune public : Bil’in Habiti (Bil’in mon amour) de Shai Carmeli Pollak.
Mention spéciale : En attendant les hommes de Katy Lena Ndiaye.

Article de Christine Ragaj, journaliste LNC

Lundi 10 Novembre 2008