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Festival Ânûû-Rû Âboro - Pwêêdi Wiimîâ du 16 au 24 octobre 2015

Festival 2015

La 9ᶱ édition du festival international du cinéma des peuples, piloté par l’association Ânûû-rû Âboro, du 16 au 24 octobre 2015 à Poindimié.

Éditos

Paul Néaoutyine
Président de la Province Nord

Dans le cinéma documentaire, le mot important est le mot cinéma.
C’est en cela que le cinéma documentaire se distingue du reportage : il est une œuvre d’art. Comme tels les films proposés par le festival Ânûû-rû Âboro cherchent non seulement à documenter le réel mais proposent un regard, forcément subjectif, sur le monde.
Dans une salle de cinéma, il n’y a pas un public indistinct, passif, soumis, mais des spectateurs singuliers, actifs, êtres pensants qui, même lorsqu’ils assistent à la même projection, voient chacun un film différent.
À l’heure de la mondialisation, qui tend à l’uniformité des goûts (il faut bien vendre le plus massivement possible), le cinéma documentaire proposé par Ânûû-rû Âboro invite le spectateur, en tant qu’individu, à réfléchir plus qu’à consommer.
Cette année, le Pacifique est à l’honneur. L’exploitation des ressources naturelles aux conséquences environnementales préoccupantes, minières et forestières, la pollution, les radiations à Moruroa, tous ces sujets sont des enjeux pour le Pacifique d’aujourd’hui. Comme ailleurs dans le monde.
D’une certaine façon, les réalisateurs, en tant qu’artistes, nous interpellent. Nous les politiques nous avons autant besoin d’eux qu’ils ont besoin de nous, sinon plus.

René Boutin
Directeur artistique du festival Ânûû-rû Âboro

Nous n’avions pas pensé que notre capacité à exploiter les images allait dépasser notre capacité de voir. Débordés, nous faisons aujourd’hui plus confiance à l’image qu’à notre propre regard.
La caméra ou le smartphone sont des outils que l’on utilise quotidiennement, et même dans les circonstances les plus dramatiques de l’existence.
Le film, soutenu par les nombreuses possibilités de diffusion et de visionnage instantané, constitue maintenant dans notre esprit, l’unique témoignage digne d’intérêt du moment vécu. Il est devenu un personnage familier visant à prouver le réel et capturer la vie.
L’univers est entré dans le cadre pour ne plus en sortir.
La génération numérique, en bouleversant les pratiques audiovisuelles, a ringardisé la télévision. La jeunesse la snobe et s’en détourne. La place faite à l’éthique et à l’esthétique est manifestement trop réduite, pour que cette société médiatique et télévisuelle soit durable.
On fait des festivals pour toutes sortes de raisons, et nous, en partie pour contribuer à cette réflexion sur la démocratisation des images, pour ne pas se laisser dépasser, refuser les normes, et délaisser les codes de la télévision pour ceux de l’art et du cinéma.
Programmer, dans un esprit de découverte, pas simplement pour mettre en partage les agitations du monde, mais pour promouvoir les documentaires ayant un traitement créatif de l’actualité. Pour que l’esthétique ne soit pas qu’une affaire de spécialistes marginaux.
Le festival Ânûû-rû Âboro est un lieu de convivialité, placé sous le signe de l’échange, du partage et de la rencontre entre les hommes. Et il devient l’outil indispensable pour prendre le temps, pour ouvrir un champ d’interrogation, d’action.
Devenu aujourd’hui le centre de gravité des enjeux qui affectent toutes les régions d’un monde globalisé, le Pacifique est à l’honneur pour cette 9ème édition. Pas simplement par nombrilisme, mais pour sa faculté à nous surprendre, et la forte capacité de ses peuples et de ses cultures à brouiller les lignes et à ramener des soubresauts dans notre conscience.